16/03/2009

Séance du jeudi 14 mai 2009

Y’a qu’à pas baiser de Carole Roussopoulos (France, 1971/1973, 17 mn)

Une femme prend la décision de ne pas garder son enfant. Le film alterne la séquence d’un avortement mené selon la méthode Karman – alors que cette pratique est encore illégale en France – et des images de la première manifestation de femmes en faveur de l’avortement et de la contraception qui a lieu à Paris le 20 novembre 1971.

 

Regarde, elle a les yeux grands ouverts de Yann Le Masson (France, 1980, 77 mn)

Des militantes du MLAC d'Aix-en-Provence (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception fondée en 1973) sont inculpées et jugées en mars 1977 pour exercice illégal de la médecine et pratique illégale de l’avortement. Le réalisateur observe les principes du MLAC, de la vie à la « Commune », des méthodes alternatives d'accouchement, repoussant les limites du corps décent ou indécent. Ce documentaire-fiction est issu d’un travail collectif, chacune des protagonistes rejouant son propre rôle.

 

> jeudi 14 mai à 19h30 au Polygone étoilé

Séance du jeudi 11 juin 2009

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Notre trou du cul est révolutionnaire de Lionel Soukaz (France, 2005, 3 mn)

“Jeter son corps dans la lutte” ; cette formule empruntée par Pasolini au chant de résistance des Noirs américains, prenait hier tout son sens. « Car le corps doit s'entendre, soit de l'individu de chair, soit comme composante de l'expression ». Je cite là René Schérer. Et mon corps devenait esprit traversé de frissons et d'amour pour celles et ceux qui résistent. (Lionel Soukaz)

Interior Scroll-the cave de Carolee Schneeman et Maria Beatty (USA, 1975-1995, 7 mn 30)

Devant la caméra de Maria Beatty, Carolee Schneemann et sept autres femmes rejouent la célèbre performance créée par Schneemann en 1975, Interior Scroll (“Faites défiler l’intérieur”), où, perchée sur une longue table, elle prenait des poses de modèle, et sortait de son vagin un long morceau de papier où était écrit le début d’un livre qu’elle n’a jamais écrit “Cézanne était une grande artiste”.

L’ordre des mots de Cynthia Arra et Mélissa Arra (France, 2007, 82 mn)

Six portraits de militantEs trans’/inter-sexes/genres illustrent dans leur chair les limites étroites de la binarité avec laquelle notre culture considère ces sujets - jusqu’à l’exemple de ce trans’ Female to Unknown. Un documentaire pour se (re)penser soi, son corps, son sexe.

 

> jeudi 11 juin à 19h30 au Polygone étoilé

A propos de L’ordre des mots

Le documentaire aborde d’un œil critique les protocoles médicaux arbitraires qui sont en vigueur en France et donne un aperçu des actions entreprises par les mouvements transgenres qui, en plus de dénoncer l’oppression et la répression dont font l’objet les personnes transgenres et intersexuées, revendiquent une prise de parole à l’encontre du discours psychiatrique et médical assimilant la transsexualité à une maladie. Une réflexion passionnante et très actuelle sur notre rapport au concept d’identité.    

Maud déclare : « je voulais changer d'identité de solitude pour une identité de femme ».

Depuis les travaux des gender studies ces notions nous sont devenues plus familières et nous critiquons les « assignations » normatives des discours sur les identités de genre.
Le parti pris est simple : des visages pensifs, cadrés au plus près tandis que les protagonistes parlent en voix off, avant de s’exprimer devant la caméra. La puissance humaniste de ce dispositif fait mouche : ces personnes préexistent au discours qu’elles expriment enfin. Ermites involontaires, elles savent mieux que quiconque redonner tout leur sens aux mots ailleurs galvaudés, dénoncer les normes sociales trop souvent incontestées.

Mélissa Arra : Après une formation en arts plastiques et graphiques, des cours de peinture aux ateliers des Beaux - Arts et une initiation au 16 mm, Mélissa Arra a étudié seule la vidéo. Elle a été photographe sur des pièces de théâtre, cadreuse pour un documentaire sur les élections présidentielles au siège du PS (en cours de montage)

Cynthia Arra
a suivi une formation de multimédia spécialisée en vidéo et montage à l'Ecole nationale supérieure des Beaux - Arts de Paris, des stages de cinéma Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris comme assistante-réalisatrice. Elle a été assistante décoratrice, coach d'acteurs et a réalisé un court-métrage en pellicule super 16 mm La mort en douce.  


A propos de Notre trou du cul est révolutionnaire


Lionel Soukaz
Dès 1973, il commence à filmer en super-huit, et réalise des courts-métrages underground dédiés à l'homosexualité, encore taboue, dans la lignée du FHAR, à la pornographie (Ixe), ou à la critique sociale (I Live in a Bush World). Ses films prennent souvent la forme du journal filmé, ce qui le rapproche de Jonas Mekas.
Il organise plusieurs festivals de films gays, en 1977 au Festival du film de La Rochelle, et en 1978 à Paris (la "Quinzaine de cinéma homosexuel"). Le Ministère de la culture interrompt ce dernier festival et Soukaz est arrêté. Il réalise Race d'Ep , un siècle d'images de l'homosexualité avec Guy Hocquenghem en 1979. Il poursuit depuis une carrière discrète de vidéaste marginal.


A propos de Interior scroll – the cave

Carolee Schneemann
est née aux Etats-Unis en 1939. Dès le début des années soixante, ses premières performances, où l'artiste est à la fois gymnaste, danseuse, sculpture humaine, fantaisiste..., remettent en question les discours de l'institution artistique sur le corps, la sexualité et le genre, et s'ancrent plus largement dans une réflexion sur le rapport social. Elle incarne alors la menace représentée par le  Women's lib : une libération en action. 
Elle est également réalisatrice, écrivaine, plasticienne, et professeur d'art dans plusieurs universités.  Ses oeuvres, largement exposées à travers le monde, sont associées à Fluxus, la Beat generation et l'art corporel.

“I thought of the vagina in many ways - physically, conceptually : as a sculptural form, an architectural referent, the sources of sacred knowledge, ecstasy, birth passage, transformation.”

Maria Beatty : Réalisatrice, productrice et actrice, Maria Beatty mène un travail de vidéaste explorant la sexualité féminine et fétichiste dans une esthétique du fantasme, inspirée notamment du cinéma expressionniste allemand et des films noirs américains. Elle filme et produit en 1995 la performance de Carolee Schneemann « Interior scroll - the cave »

Séance du vendredi 5 juin et du 11 septembre 2009

Un corps vivant de Céline Ohanessian (France, 2008, 5 mn)

Sur des citations extraites de Ostinato de l’écrivain Louis René des Forêts, une caméra-pinceau ausculte un corps et l’inscrit en négatif  ; l’autoportrait filmé à bout de bras confond dedans et dehors. Une sismographie de sensations ancre ainsi l’expérience du deuil.

The Passing de Bill Viola (Pays-Bas, 1991, 55 mn)

En 1991, Bill Viola assiste la même année à la mort de sa mère et à la naissance de son second fils. Ces évènements sont au centre de cette bande vidéo qui ausculte les passages de la vie à la mort, et interroge les passerelles entre un univers rationnel et les sphères de l’inconscient.

 

Take me de Stephen Dwoskin (1968, 28 mn)

Une femme séduisante déambule devant nos yeux, chante et nous regarde, d’abord de loin. Puis, lentement, la caméra se rapproche de son corps débarrassé des ses vêtements. Dans cette scène d’une inquiétante banalité, son corps nu, recouvert de peinture, se métamorphose alors en un tableau mobile qui prend les formes d’une cosmogonie où les frontières entre le dedans et le dehors se brouillent.

> vendredi 5 juin à 19h à l'Institut de l'Image

> vendredi 11 septembre à 20h au Polygone étoilé