16/03/2009
Séances des 15, 16 et 17 avril 2009 : Frederick Wiseman
Frederick Wiseman, anatomie des corps disciplinés
Grand maître du cinéma direct, subtil observateur du fonctionnement des institutions américaines, Frederick Wiseman est une figure incontournable du cinéma documentaire. Son œuvre prolifique - une quarantaine de films depuis Titicut Follies - s’attache à dépeindre les interactions qui résident entre le social et l’individu, entre le discours et la pratique. Il révèle ainsi la manière dont les corps se dressent à l’intérieur des cadres normatifs. Quelle autre alternative que de faire corps avec l’institution ? Entre adhésion, soumission passive, résistance, voire rebellion, quel chemin se frayer ?
« High School, c'est l'apprentissage de la normalité, c'est-à-dire de tout ce qui n'est pas Titicut Follies. Quand on pense éducation, on pense mathématiques, physique… Or la fonction sociale de l’école, c’est d’apprendre un certain type de discours. » Frederick Wiseman
High School 1 de Frederick Wiseman (USA, 1968, 1h15)
Des adolescents de la classe moyenne américaine, dans un lycée du nord est de Philadelphie.
> mercredi 15 avril à 20h30 au Polygone étoilé
Basic Training de Frederick Wiseman (USA, 1971, 1h29)
Eté 1970, pendant la guerre du Vietnam, dans la chaleur du Kentucky, le 16ème bataillon de l’US Army fait ses classes.
> jeudi 16 avril à 20h30 au Polygone étoilé
Titicut Follies de Frederick Wiseman (USA, 1967, 1h24)
Le quotidien des détenus du pénitencier psychiatrique de Bridgewater dans le Massachusetts. Ce film a fait l'objet d'une interdiction par la censure américaine de 1967 à 1991.
> vendredi 17 avril à 20h30 au Polygone étoilé
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Séance du samedi 18 avril 2009
Mutations des regards sur le corps anormal
Des monstres de foire aux corps aliénés ou handicapés, l’histoire de la difformité physique est celle des regards portés sur eux, celle de leur mise en spectacle dans un régime particulier de visibilité, celle des signes et des fictions qui les représentent. L’anormal est aussi affaire de perception, et le stigmate est dans l’œil de celui qui observe, comme Erwing Goffman nous a appris à la reconnaître dans Stigmates.
Une conférence de Jean-Jacques Courtine, professeur d’anthropologie culturelle à l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle. Il est l’auteur de nombreux travaux d’anthropologie historique du corps. Co-directeur des trois ouvrages collectifs Histoire du corps, il en a dirigé le dernier volume : Les mutations du regard – Le XXe siècle (Editions du Seuil, 2006).
> samedi 18 avril à 18h au CRDP
San Clemente de Raymond Depardon et Sophie Ristelhueber (France, 1980, 98 mn)
Raymond Depardon filme les pensionnaires de l’institut psychiatrique de San Clemente situé sur une petite île à côté de Venise. Le film a été tourné en dix jours, pendant le carnaval de Venise, peu de temps avant la fermeture de l’hôpital.
> samedi 18 avril à 20h30 au CRDP
Tarif : 4 euros
Débat en présence de Jean-Jacques Courtine
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