16/03/2009
Séances du vendredi 27 mars et du 9 juin
Filmarylin de Paolo Gioli (Italie, 1992, 10 mn)
Réalisé à partir de planche contact, Filmarylin construit un corps-objet de l’icône hollywoodienne, Marylin Monroe.
Sans titre de Sabine Massenet (France, 2002, 2 mn)
La vidéo est constituée d'une accumulation de plans extraits de publicités.
Tears de Sabine Massenet (France, 2004, 6 mn)
Des femmes qui pleurent, un montage de séquences de séries américaines qui déconstruit et met en exergue les codes de représentation véhiculés par la télévision.
Je, tu, il, elle de Chantal Akerman (France, 1975, 90 mn)
Trois temps octroyés au corps, à être là, pour trois moments de la vie d’une jeune femme. Seule chez elle, dans son appartement, elle écrit une lettre d’amour. Sur la route, elle rencontre un chauffeur de camion, parcourt avec lui des lieux, des moments de vie. Enfin dans un appartement avec une femme… Leurs corps se rencontrent.
> vendredi 27 mars à 19h au Polygone étoilé
> mardi 9 juin à 20h à l'Institut de l'Image
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Séances des 15, 16 et 17 avril 2009 : Frederick Wiseman
Frederick Wiseman, anatomie des corps disciplinés
Grand maître du cinéma direct, subtil observateur du fonctionnement des institutions américaines, Frederick Wiseman est une figure incontournable du cinéma documentaire. Son œuvre prolifique - une quarantaine de films depuis Titicut Follies - s’attache à dépeindre les interactions qui résident entre le social et l’individu, entre le discours et la pratique. Il révèle ainsi la manière dont les corps se dressent à l’intérieur des cadres normatifs. Quelle autre alternative que de faire corps avec l’institution ? Entre adhésion, soumission passive, résistance, voire rebellion, quel chemin se frayer ?
« High School, c'est l'apprentissage de la normalité, c'est-à-dire de tout ce qui n'est pas Titicut Follies. Quand on pense éducation, on pense mathématiques, physique… Or la fonction sociale de l’école, c’est d’apprendre un certain type de discours. » Frederick Wiseman
High School 1 de Frederick Wiseman (USA, 1968, 1h15)
Des adolescents de la classe moyenne américaine, dans un lycée du nord est de Philadelphie.
> mercredi 15 avril à 20h30 au Polygone étoilé
Basic Training de Frederick Wiseman (USA, 1971, 1h29)
Eté 1970, pendant la guerre du Vietnam, dans la chaleur du Kentucky, le 16ème bataillon de l’US Army fait ses classes.
> jeudi 16 avril à 20h30 au Polygone étoilé
Titicut Follies de Frederick Wiseman (USA, 1967, 1h24)
Le quotidien des détenus du pénitencier psychiatrique de Bridgewater dans le Massachusetts. Ce film a fait l'objet d'une interdiction par la censure américaine de 1967 à 1991.
> vendredi 17 avril à 20h30 au Polygone étoilé
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Séance du samedi 18 avril 2009
Mutations des regards sur le corps anormal
Des monstres de foire aux corps aliénés ou handicapés, l’histoire de la difformité physique est celle des regards portés sur eux, celle de leur mise en spectacle dans un régime particulier de visibilité, celle des signes et des fictions qui les représentent. L’anormal est aussi affaire de perception, et le stigmate est dans l’œil de celui qui observe, comme Erwing Goffman nous a appris à la reconnaître dans Stigmates.
Une conférence de Jean-Jacques Courtine, professeur d’anthropologie culturelle à l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle. Il est l’auteur de nombreux travaux d’anthropologie historique du corps. Co-directeur des trois ouvrages collectifs Histoire du corps, il en a dirigé le dernier volume : Les mutations du regard – Le XXe siècle (Editions du Seuil, 2006).
> samedi 18 avril à 18h au CRDP
San Clemente de Raymond Depardon et Sophie Ristelhueber (France, 1980, 98 mn)
Raymond Depardon filme les pensionnaires de l’institut psychiatrique de San Clemente situé sur une petite île à côté de Venise. Le film a été tourné en dix jours, pendant le carnaval de Venise, peu de temps avant la fermeture de l’hôpital.
> samedi 18 avril à 20h30 au CRDP
Tarif : 4 euros
Débat en présence de Jean-Jacques Courtine
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Séance du mercredi 6 mai 2009
Bon Pied, Bon Œil et toute sa tête de Gérard Leblanc (France, 1978, 87 mn)
Pamphlet cinématographique, essai filmique argumenté et documenté, montage en forme de démonstration visuelle, ce film du groupe Cinéthique analyse les handicaps dans l’histoire de leurs représentations et de leur contexte social et politique. Réalisé en liaison avec le Comité de Lutte des Handicapés et les Psychiatrisés en Lutte, revendiqué comme film militant, il nous invite à “détruire la société qui nous détruit”.
> mercredi 6 mai à 19h30 au Polygone étoilé
Débat en présence de Gérard Leblanc, réalisateur.
Séance du jeudi 14 mai 2009
Y’a qu’à pas baiser de Carole Roussopoulos (France, 1971/1973, 17 mn)
Une femme prend la décision de ne pas garder son enfant. Le film alterne la séquence d’un avortement mené selon la méthode Karman – alors que cette pratique est encore illégale en France – et des images de la première manifestation de femmes en faveur de l’avortement et de la contraception qui a lieu à Paris le 20 novembre 1971.
Regarde, elle a les yeux grands ouverts de Yann Le Masson (France, 1980, 77 mn)
Des militantes du MLAC d'Aix-en-Provence (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception fondée en 1973) sont inculpées et jugées en mars 1977 pour exercice illégal de la médecine et pratique illégale de l’avortement. Le réalisateur observe les principes du MLAC, de la vie à la « Commune », des méthodes alternatives d'accouchement, repoussant les limites du corps décent ou indécent. Ce documentaire-fiction est issu d’un travail collectif, chacune des protagonistes rejouant son propre rôle.
> jeudi 14 mai à 19h30 au Polygone étoilé
Séance du jeudi 11 juin 2009

Notre trou du cul est révolutionnaire de Lionel Soukaz (France, 2005, 3 mn)
“Jeter son corps dans la lutte” ; cette formule empruntée par Pasolini au chant de résistance des Noirs américains, prenait hier tout son sens. « Car le corps doit s'entendre, soit de l'individu de chair, soit comme composante de l'expression ». Je cite là René Schérer. Et mon corps devenait esprit traversé de frissons et d'amour pour celles et ceux qui résistent. (Lionel Soukaz)
Interior Scroll-the cave de Carolee Schneeman et Maria Beatty (USA, 1975-1995, 7 mn 30)
Devant la caméra de Maria Beatty, Carolee Schneemann et sept autres femmes rejouent la célèbre performance créée par Schneemann en 1975, Interior Scroll (“Faites défiler l’intérieur”), où, perchée sur une longue table, elle prenait des poses de modèle, et sortait de son vagin un long morceau de papier où était écrit le début d’un livre qu’elle n’a jamais écrit “Cézanne était une grande artiste”.
L’ordre des mots de Cynthia Arra et Mélissa Arra (France, 2007, 82 mn)
Six portraits de militantEs trans’/inter-sexes/genres illustrent dans leur chair les limites étroites de la binarité avec laquelle notre culture considère ces sujets - jusqu’à l’exemple de ce trans’ Female to Unknown. Un documentaire pour se (re)penser soi, son corps, son sexe.
> jeudi 11 juin à 19h30 au Polygone étoilé
A propos de L’ordre des mots
Le documentaire aborde d’un œil critique les protocoles médicaux arbitraires qui sont en vigueur en France et donne un aperçu des actions entreprises par les mouvements transgenres qui, en plus de dénoncer l’oppression et la répression dont font l’objet les personnes transgenres et intersexuées, revendiquent une prise de parole à l’encontre du discours psychiatrique et médical assimilant la transsexualité à une maladie. Une réflexion passionnante et très actuelle sur notre rapport au concept d’identité.
Maud déclare : « je voulais changer d'identité de solitude pour une identité de femme ».
Depuis les travaux des gender studies ces notions nous sont devenues plus familières et nous critiquons les « assignations » normatives des discours sur les identités de genre.
Le parti pris est simple : des visages pensifs, cadrés au plus près tandis que les protagonistes parlent en voix off, avant de s’exprimer devant la caméra. La puissance humaniste de ce dispositif fait mouche : ces personnes préexistent au discours qu’elles expriment enfin. Ermites involontaires, elles savent mieux que quiconque redonner tout leur sens aux mots ailleurs galvaudés, dénoncer les normes sociales trop souvent incontestées.
Mélissa Arra : Après une formation en arts plastiques et graphiques, des cours de peinture aux ateliers des Beaux - Arts et une initiation au 16 mm, Mélissa Arra a étudié seule la vidéo. Elle a été photographe sur des pièces de théâtre, cadreuse pour un documentaire sur les élections présidentielles au siège du PS (en cours de montage)
Cynthia Arra a suivi une formation de multimédia spécialisée en vidéo et montage à l'Ecole nationale supérieure des Beaux - Arts de Paris, des stages de cinéma Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris comme assistante-réalisatrice. Elle a été assistante décoratrice, coach d'acteurs et a réalisé un court-métrage en pellicule super 16 mm La mort en douce.
A propos de Notre trou du cul est révolutionnaire
Lionel Soukaz
Dès 1973, il commence à filmer en super-huit, et réalise des courts-métrages underground dédiés à l'homosexualité, encore taboue, dans la lignée du FHAR, à la pornographie (Ixe), ou à la critique sociale (I Live in a Bush World). Ses films prennent souvent la forme du journal filmé, ce qui le rapproche de Jonas Mekas.
Il organise plusieurs festivals de films gays, en 1977 au Festival du film de La Rochelle, et en 1978 à Paris (la "Quinzaine de cinéma homosexuel"). Le Ministère de la culture interrompt ce dernier festival et Soukaz est arrêté. Il réalise Race d'Ep , un siècle d'images de l'homosexualité avec Guy Hocquenghem en 1979. Il poursuit depuis une carrière discrète de vidéaste marginal.
A propos de Interior scroll – the cave
Carolee Schneemann est née aux Etats-Unis en 1939. Dès le début des années soixante, ses premières performances, où l'artiste est à la fois gymnaste, danseuse, sculpture humaine, fantaisiste..., remettent en question les discours de l'institution artistique sur le corps, la sexualité et le genre, et s'ancrent plus largement dans une réflexion sur le rapport social. Elle incarne alors la menace représentée par le Women's lib : une libération en action.
Elle est également réalisatrice, écrivaine, plasticienne, et professeur d'art dans plusieurs universités. Ses oeuvres, largement exposées à travers le monde, sont associées à Fluxus, la Beat generation et l'art corporel.
“I thought of the vagina in many ways - physically, conceptually : as a sculptural form, an architectural referent, the sources of sacred knowledge, ecstasy, birth passage, transformation.”
Maria Beatty : Réalisatrice, productrice et actrice, Maria Beatty mène un travail de vidéaste explorant la sexualité féminine et fétichiste dans une esthétique du fantasme, inspirée notamment du cinéma expressionniste allemand et des films noirs américains. Elle filme et produit en 1995 la performance de Carolee Schneemann « Interior scroll - the cave »
Séance du vendredi 5 juin et du 11 septembre 2009
Un corps vivant de Céline Ohanessian (France, 2008, 5 mn)
Sur des citations extraites de Ostinato de l’écrivain Louis René des Forêts, une caméra-pinceau ausculte un corps et l’inscrit en négatif ; l’autoportrait filmé à bout de bras confond dedans et dehors. Une sismographie de sensations ancre ainsi l’expérience du deuil.
The Passing de Bill Viola (Pays-Bas, 1991, 55 mn)
En 1991, Bill Viola assiste la même année à la mort de sa mère et à la naissance de son second fils. Ces évènements sont au centre de cette bande vidéo qui ausculte les passages de la vie à la mort, et interroge les passerelles entre un univers rationnel et les sphères de l’inconscient.
Take me de Stephen Dwoskin (1968, 28 mn)
Une femme séduisante déambule devant nos yeux, chante et nous regarde, d’abord de loin. Puis, lentement, la caméra se rapproche de son corps débarrassé des ses vêtements. Dans cette scène d’une inquiétante banalité, son corps nu, recouvert de peinture, se métamorphose alors en un tableau mobile qui prend les formes d’une cosmogonie où les frontières entre le dedans et le dehors se brouillent.
> vendredi 5 juin à 19h à l'Institut de l'Image
> vendredi 11 septembre à 20h au Polygone étoilé
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Séance du samedi 26 septembre 2009
Blue de Dereck Jarman (1978, 78 mn)
Sur un fond d’écran bleu - hommage au peintre Yves Klein mais aussi référence à la cécité qui gagne peu à peu -, le corps est ici une Terra Incognita, conjuguément terre inconnue et dérive de tous les continents sensibles. Face à la maladie et à la mort, le dernier film de Derek Jarman est, malgré la souffrance, une ode à la vie, à l’amour, à l’amitié. Il est aussi une expérience poétique et philosophique d’une rare profondeur sur notre condition humaine et notre finitude.
> Soirée en partenariat avec Radio Grenouille
samedi 26 septembre à 20h
Projection à la compagnie
Diffusion de la version radio sur les ondes 88.8 FM
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Séance du samedi 10 octobre 2009
Identities de Nino Rodriguez (USA, 1991, 7 mn)
Un homme “s’entretient” avec le réalisateur qui n’a conservé que les résidus de son discours : spasmes, borborygmes, déglutitions, hésitations, bruits divers du corps. Une expérience radicale et bouleversante des rapports entre continuité et discontinuité humaine.
Le temps des adieux de Mehdi Sahebi (Suisse, 2006, 63 mn)
Alors qu’il sait qu’il va mourir, et pour tenter de se mettre en paix avec lui-même, un homme gravement malade laisse enregistrer, pendant les derniers mois de sa vie, la progression de la maladie sur son corps, et les ravages qui l’accompagnent. Un film-testament difficile et impressionnant qui soulève autant de questions éthiques qu’esthétiques.
Life without death de Frank Cole (USA, 1989, 83 mn)
Suite à la mort de son grand-père, le réalisateur s’embarque dans une traversée de différents déserts africains en solitaire et à dos de chameau avec l’intention de défier la mort. Plongée au cœur de l’être humain et expérience inédite des limites.
> samedi 10 octobre à 18h30 au Polygone étoilé
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Séance du vendredi 23 octobre 2009
Angèle de Foligno de Natacha Muslera (France, 2008, 50 mn)
Le film relate l’expérience d’Angèle de Foligno, mystique du XIIIème siècle. Il est adapté du Livre des visions et instructions, transcription par le frère Arnaud des paroles de la jeune femme. Le corps est ici envisagé comme un point de jonction entre le langage et le sacré.
Moment de Stephen Dwoskin (Grande-Bretagne, 1968, 12 mn)
Stephen Dwoskin répond au film d’Andy Warhol, Blow Job. Il nous donne à voir le visage d'une femme, dont on suppose qu'elle se masturbe. Elle nous regarde la regarder.
+ court-métrage surprise
> vendredi 23 octobre à 19h30 au Polygone étoilé.
débat en présence Natacha Muslera, réalisatrice.
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