22/10/2009

Prochaine et dernière séance : vendredi 23 octobre

Extase

Image[334].jpg

vendredi 23 octobre à 19h30

> au Polygone étoilé

 

Angèle de Foligno de Natacha Musléra
France, 2008, 45 mn
Interprétation d'Angèle de Foligno : Cécile Duval – Image : Boris Belay – Montage : Keja Ho Kramer - Son & mixage : Nicolas Gerber

Le film relate l'expérience d'Angèle de Foligno, mystique du XIIIème siècle. Il est adapté du Livre des visions et instructions, transcription par le frère Arnaud des paroles de la jeune femme.

Moment de Stephen Dwoskin
Grande-Bretagne, 1968, 12 mn
Stephen Dwoskin répond au film d'Andy Warhol, Blow Job (1964). Il nous donne à voir le visage d'une jeune femme dont on suppose qu'elle se masturbe. Elle nous regarde la regarder.

>>> Polygone étoilé
1 rue Massabo 13002 Marseille
métro et tram Joliette

entrée libre (pas de réservation) - bar et repas sur place

A propos de la séance Extase

L'extase sexuelle et l'extase religieuse ou mystique sont deux phénomènes où le corps cherche à franchir ses limites, à déborder son enveloppe étroite dans un paroxysme de passion, une jouissance oscillant entre plaisir et souffrance, comme si trop de plaisir pouvait faire souffrir, ou comme si la souffrance physique pouvait amener à une jouissance extrême de l'esprit.
Comment le corps et l'esprit se rencontrent-ils dans ces deux moments qui suivent le même mouvement, la quête d'un au-delà sacré mais ancré dans la chair ?
Dans Moment, seul le visage nous est donné à voir, comme si, dans le hors-champ, se jouait quelque chose qui mène à un au-delà de la représentation, comme si ces visages cristallisaient ce qui, ici-bas, se laisse voir de l'extase.
Dans Angèle de Foligno, la passion passe par l'accession à la chair. Dans sa recherche du sacré, le personnage tente de faire éclater les limites de son corps, d'en faire jaillir le divin. Dans ce cas-là, l'extase religieuse cherche à donner corps aux mots, elle permet la rencontre intime et exaltante du corps et de l'esprit, ou de l'esprit dans le corps.


> Angèle de Foligno de Natacha Musléra

NATACHA MUSLERA
La voix est son terrain de recherche et son processus expérimental depuis dix neuf ans à travers l'art performance, les films et la musique.

Auteur et chanteuse pendant quinze ans, elle a co-produit plusieurs disques et monté des groupes, des ensembles : Natïmbalès, AsaNisiMasa, Anus Solaire, Tsikamoï, Le scnhi, Baise en ville, Toc Toc. Ils se sont produit dans des centaines de lieux en France et divers pays : Russie, Quebec, Italie, Grèce, Allemagne, Hongrie, Espagne, Autriche, Belgique.

Depuis quelques années, elle a commencé à faire des films à partir de ses performances, celles-ci questionnent la voix, la voix en tant qu'objet, la voix qui mène au trou du langage, à sa béance. La voix comme objet politique, esthétique, matière à penser l'image, à percer le voir de l'image. Matière qu’elle travaille comme une pâte en générant des sortes de "morphing" acoustiques ou traités numériquement sur la voix.

"Angèle de Foligno est une « mystique sauvage » née en 1248, morte en 1309. Son expérience absolue qui de son vivant l'ouvrit à des jouissances célestes, violentes, et d’un érotisme sublime reste saisissante aujourd'hui." Natacha Muslera


> Moment de Stephen Dwoskin

STEPHEN DWOSKIN est né à New York en 1939 et émigre en Grande-Bretagne en 1964. Il fut essentiellement défendu par les tenants du cinéma d'avant-garde. Plasticien de formation, il est un participant actif dès 1960 au New American Cinema aux côtés de Jonas Mekas. En 1966, il co-fonde la London Film-Makers Coop. Refusant le radicalisme ascétique de ces collègues anglais, il s'attache à saisir la vérité intérieure des sujets, en général féminins, que traque sa caméra.

"Ce qui passionne Stephen Dwoskin, ce sont ses recherches formelles sur l’érotisme. Dans tous ses films, le cinéaste met en scène un cérémonial dans lequel, le fétichisme et le travestissement sont sans cesse mis en valeur dans des jeux érotiques.
Si la lente montée du désir est l’objet de la traque de la caméra de tous les films de Stephen Dwoskin, il faut souligner et dire bien haut que jamais un cinéaste avant lui – ni Dreyer et sa Jeanne d’Arc, ni Warhol, ni Stroheim, ni Pasolini – n’a su filmer les visages d’une manière aussi tactile, aussi sensuelle. Sa caméra caresse les visages et toutes les parties du corps de ses personnages féminins.
La caméra de Stephen Dwoskin est un scalpel qui découpe certaines parties afin de les isoler et scruter à la loupe. La caméra arrache les masques dont se pare le visage pour se donner une contenance et, à force de regarder la vérité en face, découvre une réalité intérieure dont elle fait voltiger les derniers tabous.
" [ Gérard Courant ]

17/09/2009

Prochaine séance : 26 septembre 2009

Outre corps #2

240px-Blue_(film).jpg

samedi 26 septembre à 20h

> à la compagnie,


Blue de Derek Jarman
(Grande-Bretagne, 1993, 78 mn)
Sur un fond d’écran bleu - hommage au peintre Yves Klein mais aussi référence à la cécité qui gagne peu à peu -, le corps est ici une Terra Incognita, conjuguément terre inconnue et dérive de tous les continents sensibles. Face à la maladie et à la mort, le dernier film de Derek Jarman est, malgré la souffrance, une ode à la vie, à l’amour, à l’amitié. Il est aussi une expérience poétique et philosophique d’une rare profondeur sur notre condition humaine et notre finitude.

A ECOUTER la version radio de Blue sur l’antenne de Radio Grenouille
dimanche 27 septembre à 23h > 88.8 FM ou www.grenouille888.org

>>> la compagnie,
19 rue de Pressensé Marseille 1er
tram Alcazar

entrée libre (pas de réservation)
buvette et repas sur place

A propos de la séance Outre corps

Le corps n'est pas restreint  à son enveloppe physique, pas plus que le film ne se réduit à ses supports. Tous deux excèdent leurs frontières respectives dans de multiples passages ou métissages qui s'opèrent entre la matière des images et des sons, les états du corps et les différentes temporalités qui les traversent. Depuis son invention, le cinéma travaille avec ces questions des représentations du corps et de ses figures, le plus souvent dans le corps même du film. Que se passe-t-il alors lorsque le corps sort de ses limites ? Comment, avec ses formes et moyens propres, le cinéma se saisit de ces débords ? Quel autre type de corps, cosmogonie ou constellation, produit cet éclatement des frontières ? Le cinéma peut-il “transcender la géographie des limites humaines” ? Autant de questions plastiques et esthétiques, parmi bien d'autres, qui sont au cœur de ce programme.


Le réalisateur

Né en 1942 à Northwood (Angleterre), Derek Jarman étudie à la Slade School of Arts de Londres. Sa naissance comme cinéaste se tisse dans un entrecroisement serré de peinture (il expose ses toiles au début des années 70), de littérature (notamment « Chroma », un livre sur les couleurs dont les matériaux constituent presque entièrement le texte de Blue) et de scénographie (pour le théâtre et le ballet). Entre 1975 et 1993, Jarman réalise douze longs métrages, ainsi qu’un grand nombre de films super-8 (pratique entamée depuis la fin des années 60 qu’il poursuivra jusqu’à sa mort) et de vidéo-clips (pour The Smiths, Marc Almond, Marianne Faithfull ou encore les Pet Shop Boys). Ardent défenseur des droits des homosexuels et des personnes porteuses du VIH, Derek Jarman meurt en 1993 de complications liées au sida.

01/09/2009

Prochaine séance : 11 septembre 2009

Outre corps

image[1].jpg

vendredi 11 septembre à 20h
> au Polygone étoilé


Un corps étranger de Céline Ohanessian
(France, 2008, 5 mn)
Sur des citations extraites de Ostinato de l’écrivain Louis René des Forêts, une caméra-pinceau ausculte un corps et l’inscrit en négatif ; l’autoportrait filmé à bout de bras confond dedans et dehors. Une sismographie de sensations ancre ainsi l’expérience du deuil.

The Passing de Bill Viola
(Etats-Unis, 1991, 55 mn)
En 1991, Bill Viola assiste la même année à la mort de sa mère et à la naissance de son second fils. Ces événements sont au centre de cette bande vidéo qui ausculte les passages de la vie à la mort, et interroge les passerelles entre un univers rationnel et les sphères de l’inconscient.

Take me de Stephen Dwoskin
(Grande-Bretagne, 1968, 28 mn)
Une femme séduisante déambule devant nos yeux, chante et nous regarde, d’abord de loin. Puis, lentement, la caméra se rapproche de son corps débarrassé de ses vêtements. Dans cette scène d’une inquiétante banalité, son corps nu, recouvert de peinture, se métamorphose alors en un tableau mobile qui prend les formes d’une cosmogonie où les frontières entre le dedans et le dehors se brouillent.

>>> Polygone étoilé
1 rue Massabo 13002 Marseille
tram et métro Joliette

entrée libre (pas de réservation)
accueil à partir de 19h30 (buvette)
repas sur place

A propos de la séance Outre corps

Le corps n'est pas restreint  à son enveloppe physique, pas plus que le film ne se réduit à ses supports. Tous deux excèdent leurs frontières respectives dans de multiples passages ou métissages qui s'opèrent entre la matière des images, les états du corps et les différentes temporalités qui les traversent. Depuis son invention, le cinéma travaille avec ces questions des représentations du corps et de ses figures, le plus souvent dans le corps même du film. Que se passe-t-il alors lorsque le corps sort de ses limites ? Comment, avec ses formes et moyens propres, le cinéma se saisit de ces débords ? Quel autre type de corps, cosmogonie ou constellation, produit cet éclatement des frontières ? Autant de questions plastiques et esthétiques, parmi bien d'autres, qui sont au cœur de ce programme.


Les réalisateurs

CÉLINE OHANESSIAN
est née en 1973 à Trévoux (France). Elle vit et travaille à Lyon. Diplômée de l’Université de Lyon II (option photographie), son travail a été exposé à l'ICA (Londres) et au New Works Festival à Leicester (Angletere). En 2008, elle commence une série de films courts intitulée "deuil". "Un corps vivant" est le premier de cette série.

BILL VIOLA est né en 1951 à New York. Diplômé de la Syracuse University, il est l'un des pionniers de l’art vidéo. En 1973, il étudie la musique avec le compositeur David Tudor. Il fera parti de son groupe et réalisera avec celui-ci plusieurs performances sonores à travers le monde. Bill Viola expose pour la première fois aux Etats-Unis en 1972. L’artiste s’intéresse aux philosophies orientales, aux religions, au mysticisme, aux cultures des pays qu’il découvre lors de ses voyages (Japon, Europe..). Mais aussi au cinéma, à la musique (John Cage) et à la condition humaine, notamment « au passage entre la vie et la mort ».

STEPHEN DWOSKIN est né à New York en 1939 et émigre en Grande-Bretagne en 1964. Il fut essentiellement défendu par les tenants du cinéma d'avant-garde. Plasticien de formation, il est un participant actif dès 1960 au New American Cinema aux côtés de Jonas Mekas. En 1966, il co-fonde la London Film-Makers Coop. Refusant le radicalisme ascétique de ces collègues anglais, il s'attache à saisir la vérité intérieure des sujets, en général féminins, que traque sa caméra.